22. Être en vacances du verbe "vacare", c’est être vide

Espace de révolution poétique pour réfléchir à l'essentiel

Flanquer la lumière
3 min ⋅ 26/02/2026

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Je pense souvent aux pentes que l’on arpente dans l’autre sens

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Carnet de bord

Mercredi 25 février 2026 15h01

Ma “zone” est en vacances. Je le sais parce que la voie verte où je me promène est pleine d’ados à vélo et d’enfants qui courent vers la rivière, une mère affolée à deux pas derrière.

Depuis que j’ai quitté le salariat, le mot “vacances” a perdu tout son sens.

Je suis à mon compte et à mes heures. Je travaille les week ends, le soir, dans mes songes. Les “week ends” sont fractionnés dans mes semaines. Je peux aller marcher un mardi à 15h et préparer une newsletter un dimanche à 10h.

Pas de règles. Plein de choix. Peu de répit.

J’ai mis deux ans à me rendre compte que ce rythme (écrire, penser, créer) était devenu un temps plein. Pas un 35 heures par semaine mais un 365 jours par an. Derrière la liberté de l’emploi de son temps, se trouve la prison de ses projets.

Et puis qu’est-ce que ça veut dire, les “vacances” ?

Arrêter de penser à ce à quoi on pense d’habitude ? Si ça marche pour vous, je veux bien la technique (sans usage d’alcool, drogue, sucre, écran et autres mignonneries) parce que moi si je me dis “arrête de penser à cette idée”, devinez à quoi je vais penser ?

Passer du (bon) temps avec ? Les enfants, le partenaire, les ami*es ? Peut-on jamais se détendre avec l’autre ?

Voyager ? Consommer, polluer ? Se retrouver sur des sites plein à craquer. Avoir envie de rentrer.

Se retirer ? S’isoler, s’introspecter ? Se retrouver à bader sur le monde. Ne plus jamais avoir envie de rentrer.

Etymologiquement, j’ai trouvé cette définition :

du verbe latin vacare, vacances veut dire « être sans, être vide »

Combien de fois les “vacances” ont déchargé les batteries que nous étions censé*es recharger ? Combien de fois l’injonction “profitez !” nous a laissé*es exsangues de culpabilité ?

Si être en vacances, c’est être vide, la société de consommation a tout intérêt à nous les imposer. Ceux et celles qui ne peuvent voyager qu’au bout de leur rue, trouveront bien un magasin “Action” ouvert 10heures par jour, six jours sur sept. Quand les congés payés deviennent des congés payants…

Les vacances n’ont pas à être réussies (comme le reste de votre vie #loisdelasociétécapitaliste). Les vacances sont une rupture de rythme, une différence de mouvement pour éviter que le ronron de ce qui se répète finisse par faire de nous des morts-vivants.

Car comme dit ce proverbe espagnol :

L’habitude commence comme un fil de soie et devient vite un câble d’acier.

Je ne vous souhaite pas de passer de bonnes vacances, ni de mauvaises. Je vous souhaite de changer de rythme pendant un temps. Que votre réveil sonne plus tôt ou plus tard ou pas du tout. Et de vous pencher sur ce que vous ressentez.


Ce qui sort d’un atelier d’écriture…

Les mots en gras viennent d’un texte qu’il fallait compléter à sa façon

On range

On dérange

On dirait que la vie est un placard

J’étais une enfant à tiroirs

une enfant présente

une enfant absente deux secondes plus tard

Ne pas croire que le temps qui passe passe vraiment

Vivre,

vivre en foutant le bazar dans l’armoire

@anne_soka@anne_soka

Et vous, quel*le enfant étiez-vous ? Envoyez moi un poème à partir des mots en gras. Chiche ?


Citagraphie : le mot claquant

citation + photographie = @citagraphies (sur instagram)

@anne_soka@anne_soka

la danseuse de Flamenco @anne_sokala danseuse de Flamenco @anne_soka


Merci de me lire. N’hésitez pas à m’écrire (en répondant à cette lettre comme à un mail classique) et à partager autour de vous.

À bientôt !

AnneSo

🔦 Pour corriger les fautes, je n’utilise que mon cerveau, il peut rester des coquilles. De manière générale, aucune IA dans mon travail. Les photos sont les miennes, retouchées par un filtre que j’aime bien. Demandez-moi avant usage.

Flanquer la lumière

Par AnneSo Ka

Autrice et créatrice de podcasts, AnneSo Ka explore les liens entre intimité et société, conditionnement et liberté, expression et résistance.

Son premier livre La mère à boire, à la fois récit et poésie, aborde l’entrée en maternité et paraitra cette année.

Elle anime des ateliers pour apprendre à transformer une idée en histoire et dénouer les nœuds qui nous empêchent de créer.

Née en 1990 pendant une tempête, elle vit entre Normandie et Bretagne.

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