Du pêle-mêle, de la surprise et du trois fois rien
En février, si au soleil ton chat tend sa peau, en mars, il l'exposera au fourneau
🐈☀️🥘
Je cogite dur sur le contenu de Flanquer la lumière. Je redéfinis sans cesse cet espace parce que j’ai du mal à choisir.
Un écueil que je n’évite jamais ? Vouloir TOUT dire pêle-mêle.
Vous partager un carnet de bord ? Oui mais aussi des interviews et des poèmes et des bribes de ci ou des brouillons de ça…
Je connais cet adage : à vouloir être partout, on est nulle part, à vouloir tout dire, on ne dit rien du tout.
Et puis, j’ai assisté à la conférence de Colette Fellous au Festival Longueur d’Ondes à Brest. “Productrice radio, romancière et éditrice, elle anime sur France Culture de 1989 à 1999 les Nuits magnétiques, avant de créer Carnet nomade jusqu’en 2015 : une émission faite de récits de voyage et de rencontres, où elle dialogue avec des peintres, scientifiques, jardiniers ou simples passants.”
Elle parle alors du processus de création autour de Carnet nomade :
L'émission était nomade par la forme hétéroclite. Je ne voulais pas de grand sujet mais une multitude de sujets allant de l’interview d’artiste à la recette de cuisine. Je voulais faire comme Flaubert mais à la radio : “écrire un livre sur rien”.
BAM ! Moi qui voyais le TOUT comme un problème, le voilà qui prend des allures de révolution poétique dans la bouche de Colette Fellous. Incroyable cette sensation que mes idées sont légitimes dès lors qu’elles sont partagées par d’autres humain*es. Et Colette de rajouter :
Ma pensée intérieure va où elle veut, elle est vagabonde. Elle est libre.
La mienne aussi. Je vais donc écrire sur TOUT et RIEN en cherchant à vous surprendre.
Par le fond ou la forme ou les deux.
Et puis, j’ajusterai avec vos retours, laissant sur le bas-côté l’idée que pour exister, un projet doit être mûrement réfléchi. Car à mûrir trop longtemps, les idées finissent bien souvent par mourir.
Mercredi 21 janvier hameau breton
8h38
Antoine s’est assis près de moi : tu as un papier et un stylo ? Bien sûr, j’ai toujours ce genre de chose à portée de mains. Puis, il m’a demandé si j’avais deux minutes.
C’est drôle comme expression : avoir deux minutes comme si je possédais le temps, alors que c’est très certainement l’inverse.
Antoine est entraîneur d’apnée. Tous les mercredis soir, dans une piscine, il se transforme en homme poisson à coup de palmes et combinaison. Il doit créer un exercice et me demande si j’ai des idées autour de ce sujet :
Le relâchement sous la contrainte et la gêne
Un temps.
Je le regarde, légèrement sidérée par l’actualité de ces mots dans nos vies. Par leur poids métaphorique.
Antoine me liste ce qu’il a griffonné : enlever son masque, être chahuté par d’autres plongeureuses… Quoi d’autres ?
AnneSo : tu peux leur demander d’enlever leur combi et de plonger tout nu ?
Antoine : (regard blasé)
AnneSo : en matière de « gêne », on serait pas mal
Je ris à l’idée et en cherche d’autres, moins extrêmes.
AnneSo : et si tu leur demandais, pendant l’apnée, de penser très fort à ce qui les met en colère ?
Antoine note. Après avoir proposé de se relâcher sous l’effet de la colère, j’enchaine avec la peur. Pensez à votre plus grande peur, à une phobie. Antoine note. Ils vont se marrer mercredi. Comme il a besoin de trois exercices, j’achève l’ambiance avec une troisième émotion : la tristesse. Pensez à ce qui vous rend triste. Antoine relève le stylo. Non. Ce terrain-là, il ne veut pas. Gardons la peur et la colère. C’est déjà pas mal.
Je remarque alors une tendance bien genrée : Antoine pense à des exercices « physiques » et je pense (spontanément) à des exercices « psychiques ». L’homme, avec son pénis, est tourné vers l’extérieur. La femme avec sa vulve, est penchée sur l’intérieur. J’avais lu ça quelque part.
Mais tout est question de points de vue.
Car l’intérieur ne va pas sans l’extérieur. J’ai la conviction que tout concept fonctionne avec son opposé. On n’est pas l’un ou l’autre. On est les deux et c’est bien ça la complexité d’une vie : faire cohabiter en soi des forces contraires.
Il y a des années, Mo, ma thérapeute, m’a fait découvrir la pensée de Jung sur la polarité : je ne peux être heureux*se que si je suis capable d’accueillir le malheur. Tout existe dans une forme de « relativité à ». Sans lumière comment l’ombre pourrait-elle se former ? Le chaud est emmêlé au froid. L’amour à la haine. Le chat au canapé.
L’intérieur est extérieur, tout comme “l’intime est politique”. C’est le podcast – culte – Le cœur sur la table qui m’a fait découvrir cette notion.
Swami Prajnanpad le rappelle :
Personne ne vit dans le monde, chacun vit dans son monde.
Parler de soi, c’est parler du monde, du sien.
Merci de me lire, n’hésitez pas à m’écrire et faire circuler autour de vous.
À bientôt !
AnneSo
🔦 Pour corriger les fautes, je n’utilise que mon cerveau, il peut rester des coquilles. De manière générale, aucune IA dans mon travail. Les photos sont les miennes, retouchées par un filtre que j’aime bien. Demandez-moi avant usage.