Espace d'exploration poétique - cap à contre-courant ♒
Avril fait la fleur, mai en a l'honneur
Dans un monde fait souvent d'oppression et d'interdit, la femme européenne s'est découvert un espace de liberté : le journal intime.
Début de la 4ème de couverture d’Ecrire la vie, trois siècles de journaux intimes féminins, de Verena von der Heyden-Rynsch (me suis relue 10 fois pour vérifier l’orthographe). Je suis tombée nez à nez sur ce bouquin, alors que je flânais dans les rayons d’une librairie d’occasions.
Rencontre. Evidence. Acquisition.
Je l’ai évoqué, j’ai passé ces dernières années à travailler sur mes carnets (que je préfère au mot journal). Le premier tapuscrit commence en 2020, année de la Souris de fer. Jusqu’à présent, ce projet sommeillait dans les fichiers de mon ordinateur. Driiiiiing. Galvanisée par cette lecture impromptue qui me donne de la force, le réveil a sonné.
Je vous partage des fragments ici. Commençons par cette année. J’ai l’impression de sauter dans le vide alors que je ne saute que de paragraphe.
Mercredi 21
J'ai lâché un long pet d'éléphant. On aurait cru les entendre, trompes levées, dans la savane. C'est mon père qui dit ça des pets de ma mère : ah voilà les éléphants.
En weekend d'écriture avec les filles du "cercle", Lindsay a proposé l'exercice suivant : noter toutes les phrases qui se répétaient si souvent dans la bouche de nos parents. Les premières qui me sont venues étaient récentes. Et cassantes. J'ai étiré ma mémoire pour revenir à l'enfance mais je n'ai pas retrouvé grand-chose. Ça m'a surprise. De convoquer si peu de détails d'avant. Quelque chose, en moi, à effacer les parents qu'ils furent.
Flanquer la lumière est né*e hier soir. 20 janvier 2026 à 17h53 : Soleil à 0 degré du Verseau, Lune à 21 degrés du Verseau, ascendant Lion.
Maintenant, je m'accroche. Je m'engage à publier régulièrement. Je ne remets pas en question ce travail. Je fais ce que je sais faire : écrire.
Jeudi 22
Apprendre à écouter plus finement ses voix, ses réactions. L'instinct est dans le spontané.
Penser à ne pas donner trop tout de suite. Le temps est un allié. On peut mettre de la douceur dans la peur. Il s'agit d'y aller pas à pas. Le doux est dans les étapes.
Comme d'habitude, j'ai le fond mais la forme me bloque.
Lundi 26
J'ai vomi par cinq fois cette nuit. À la 5ème, il n'y avait plus que l'eau que je venais de boire. Les nausées ont tourné dans mon ventre comme des typhons, m'aspirant désespérément vers le centre de la cuvette. Je pouvais sentir mon ventre se contracter, mes boyaux se révulser… force invisible et déchaînée à l’intérieur. Que me dit mon corps ? Que sait-il mieux que ma tête ? J'ai tiré la carte : Les mots veulent être écrits. Luttez contre la honte et exprimez-vous.
La maladie ralentit. Plus rien ne compte que de pouvoir se lever pour uriner, dormir, peut-être manger. Drasticité. Retour à l’essentiel.
Chiche de m’envoyer votre dessin d’un dragon de coton pour les prochains fragments ?
Plus largement, je cherche à travailler avec des personnes qui dessinent (illustrateurices, graphistes…) n’hésitez pas à partager à votre réseau !
“Alejandra Pizarnik est née près de Buenos Aires le 29 avril 1936, dans une famille d’immigrants juifs de Galicie, émigrée en 1934.
Elle ne peut et ne veut qu’écrire ses rêves. Reconnue, admirée, dès la parution de son premier recueil à l’âge de 19 ans, elle mène une vie littéraire et sociale importante.
(…)
Poète mystique sans dieu, elle aura parlé comme la nuit, avec terreur et innocence. Ses invocations amères nommerons ce qui n’est pas visible, ce qui n’existe pas. L’omniprésence de la mort et de l’absence recouvrent ses mots d’un voile noir qui nous happe par-delà la vie.
Après des tentatives de suicide en 1970 et 1971, elle passe ses cinq derniers mois dans un asile psychiatrique. Imbibée de drogues, de cigarettes et d’alcool, la phase de désintoxication lui est très douloureuse. Rentrée chez elle, rue Montevideo, pour le week-end, elle avale une dose massive de psychotropes et meurt le 25 septembre 1972 à l’âge de 36 ans.”
Faut avoir la pêche mais c’est si beau 💜
citation + photographie = @citagraphies (sur instagram) pour voyager en pensées
Mon cœur bat toujours plus vite quand vous réagissez à mon travail. Vous pouvez m’écrire en répondant à cette lettre comme à un mail classique ou par message vocal.
À tantôt.
AnneSo
🔦 Pour corriger les fautes, je n’utilise que mon cerveau, il peut rester des coquilles. De manière générale, pas d’IA dans mon travail. Les photos sont les miennes, retouchées par un filtre que j’aime bien. Demandez-moi avant usage.