Podletter | Espace de révolution poétique pour réfléchir à l'essentiel
La vigne me dit : en mars me lie, en mars me taille, en mars, il faut qu'on me travaille
On connaît tous*tes l'expression rabâchée par les médias, suivie de près par inflation, décroissance, chômage et crise.
Vous avez une corde à me passer ?
Et si la baisse du pouvoir d'achat n'avait rien à voir avec tout ce blabla capitalo-défaitiste ? Et si la baisse du pouvoir d'achat n'était pas là où on le pense ?
Le pouvoir d’achat commence avec le premier sou. 1€ c’est déjà un pouvoir d’achat. Petite, (avec 10 francs), mon père me laissait décider un soir par semaine à la boulangerie, si je voulais un nounours à la guimauve ou une bague made in china attendant mon doigt dans une capsule en plastique.
Exercer son pouvoir d'achat, au sens de capacité à choisir une dépense, n’est pas conditionné uniquement par les marchés financiers ou « la quantité de biens et services qu’un revenu permet d’acheter » dixit economie.gouv.fr . Nos comportements et prises de consciences impactent en premier lieu la façon dont on consomme.
Quand on achète pour se rassurer, pour accumuler, pour exhiber les critères artificiels de « réussite » sociale (maison, voiture, bijou), on baisse notre pouvoir d’achat.
J'avais lu un article sur Action, petit magasin néerlandais devenu en 30 ans l'une des enseignes les plus puissantes d'Europe, évoquer une des raisons de ce succès : les prix sont tellement bas que les personnes à « faible pouvoir d'achat » ont l'illusion de pouvoir s'en mettre plein les poches. Acheter chez Action revient à vivre par procuration la vie des riches qui peuvent se permettre d'acheter sans compter. Malin.
Alain Souchon le chantait déjà en 1993
on nous fait croire que le bonheur c'est d'avoir
de l'avoir plein nos armoires
on nous inflige des désirs qui nous affligent.
Voilà comment baisse le pouvoir d'achat : en se laissant manipuler par des désirs programmés.
Comment dépensez-vous votre argent ? À quoi accordez-vous de la valeur ?
En astrologie, la notion de valeur est exprimée par Vénus, planète de l'amour et de l’argent. Les notions sont belles et bien liées, on parle de la valeur que l'on donne à soi, aux autres, aux biens et aux services.
Dis moi ce que tu aimes et je te dirai comment tes poches se vident.
Je me souviens d'une amie, qui avait failli s'étrangler avec son bout de crêpe, quand je lui ai appris qu'une consultation astrologique coutait minimum 100 €. Elle avait trouvé ça horriblement cher et, en y repensant à deux fois, était arrivée à la conclusion que 100€, c'était le prix qu'elle mettait régulièrement dans deux restaurants et un ciné.
Je me souviens d’un partenaire à qui j'avais proposé une séance de thérapie de couple.
Lui : combien ça coute ?
Moi : 130 € pour 1h30, 65 € par personne.
Lui : ...
Lui (retrouvant ses esprits) : 130 balles pour 1h ?
Moi : 1h30
Lui : mais c'est 10 fois ce que je gagne en une heure !
Moi : 1h30
J'ai eu beau lui expliquer que le tarif était celui du marché, que psychologue était un métier sacrément compliqué exigeant la compétence rare d’aider les gens à rester en lien sans tout foutre en l'air... J'ai eu beau.
Chacun×e estime la valeur d’une chose à l'aune de sa propre histoire.
J'ai réalisé combien j’aimais dépenser mon argent en services, en immatériel, en mots... en expériences.
J'ai réalisé combien d'autres personnes aimaient dépenser leur argent en outils, en habits, en nourriture... en matière.
La question n'est pas de juger qui a raison de dépenser quoi mais d’observer la manière dont on dépense.
Oui, l'argent est un pouvoir et offre de nombreux privilèges. S'il ne rend pas malheureux, il ne rend pas non plus heureux. On l’a toustes vécu : convoiter un bien pendant longtemps, l’acheter, se lasser, se mettre à convoiter autre chose. Cycle éternel. Comme le dit Michel Piquemal dans Le prophète du libéralisme :
Si l’homme et la femme sont heureux, ils ne consomment pas. C’est la frustration qui est la base du désir de consommation. Ainsi faut-il leur offrir d’inaccessibles modèles de beauté et de richesses, afin que la frustration les mène sur le chemin des achats.
Je voudrais ritualiser un rendez-vous mensuel avec mon porte-monnaie et mon cœur. Choisir une somme (10,30,50 €) et décider en âme et conscience de son utilité. 10 € à cette association, 1 € à cet artiste ou 5 € à ce clodo ? La somme parait dérisoire mais quand on se met à la multiplier par le nombre d'habitants du quartier, ça change tout.
Je vous entends déjà vous exclamer : le fric, le fric, toujours le fric. « Tout le monde, il veut seulement la thune ». Cette newsletter est décidément musicale.
Objection votre honneur !
Je ne parle pas de dépenser plus mais autrement. Il s’agit de repérer dans les tickets de caisse du mois passé (si vous les gardez) quelle somme aurait pu être utilisée différemment.
Je suis tombée sur le compte Instagram d'une femme proposant des cours d'éducation financière. L'objectif est très clair : s'enrichir. Sa crédibilité vient d'ailleurs du fait qu'elle possède plusieurs immeubles et des lavomatiques, des investissements fructueux réalisés en à peine 6 ans avec son formidable mari. Le discours m’a séduite puis rapidement ennuyée. Utiliser à bon escient son argent, oui. Vouloir plus, toujours plus, encore plus. Non.
Perso, mon objectif est très clair : je ne vise pas les 5000 € par mois, je ne veux pas devenir obsédée par le profit, je veux pouvoir subvenir sereinement à mes besoins primaires et désirs secondaires.
Gagner de l'argent pour ne plus y penser est un privilège qui libère au lieu d'asservir.
Merci Perla Servan-Schreiber pour ce rappel.
Plus tu es riche, plus t’as d’emmerdes. Plus tu es pauvre, plus t’as d’emmerdes.
Que chacun×e mette le curseur où iel veut, tout en prenant garde aux alouettes.
Et si pour reprendre ce bon vieux Souchon, l'essentiel n'était pas de vivre « attiré×e par les étoiles, les voiles, que des choses pas commerciales » ?
Chose certaine, l'avidité est un fléau. Bonne nouvelle : nous avons les moyens de lutter.
Disponible sur Amazon, Apple, Deezer, Spotify, Substack, Vodio
Le Podcasthon, c'est le plus grand événement caritatif du monde de la baladodiffusion ! Une initiative à but non lucratif incroyable et en plein essor qui réunit des milliers de podcasteurs dans le monde entier. Il n'y a pas d'argent en jeu - il s'agit de sensibiliser à diverses causes caritatives.
Pour la 4ème édition, j’ai choisi de mettre à l’honneur l’association Radio Soleil 35, située à Maen Roch en Ille-et-Vilaine. Les bénévoles réalisent des émissions œuvrant à conserver la mémoire orale du patrimoine régionale.
Avec Emilie et Corentin, je prépare un podcast documentaire sur les métiers atypiques. Un appel à témoignage m’a permis de sélectionner trois personnes passionnées par leur activité ; l’occasion de découvrir des parcours singuliers et de donner de l’élan à celleux qui cherchent leur voie !
Si vous êtes intéressé*es par la voix, le son, la radio ou le podcast, renseignez-vous auprès des radios associatives de votre région qui offrent de l’opportunité de s’investir et d’explorer sans prérequis.
citation + photographie = @citagraphies (sur instagram) pour voyager en pensées
Mon cœur bat toujours plus vite quand vous réagissez à mon travail. Vous pouvez m’écrire en répondant à cette lettre comme à un mail classique ou par message vocal.
À tantôt.
AnneSo
🔦 Pour corriger les fautes, je n’utilise que mon cerveau, il peut rester des coquilles. De manière générale, aucune IA dans mon travail. Les photos sont les miennes, retouchées par un filtre que j’aime bien. Demandez-moi avant usage.